Eutheriacaedis

les branches d'un saule - des feuilles en larmes - la bête qui sommeille - un fruit sans doute - et les rêves d'un oiseau

29 avril 2007

Amour à Mort

 

Silence. S'éteint le coeur. Il cesse de battre et vous laisse seule avec la Mort qui soudain vous envahit le corps.
Froids. Le corps aimé et le vôtre soudain envahi par la Mort qui vous pénètre sans vous emmener.

mortel

Sanglots qui vous haussent le corps de dégoût et d'incompréhension. Vous avez mal. Vous avez mal. Tellement Mal. Tout cet amour en vous que la Mort viole.
Vous n'en crèverez pas... non...elle vous laissera dégoulinante de sang et de douleur. Vous n'en parlerez pas. Essayant de cacher les frissons qui vous parcourent le corps.  En parler, c'est souffrir... Vous tairez les souffrances mais chaque silence ne fera qu'entretenir le mal. Vous voudrez lui échapper. Vous évader. Partir... loin... quitter les morts en devenir... habituer ceux qui vous aiment à votre départ sans retour mais les cadavres sont toujours dans vos valises trop lourdes.
Vous les posez. Vous les ouvrez.
Alors vous pleurez, les histoires qui vous ont habités, les instants de complicité, les caresses partagées, tout cet amour suinte par les pores de la peau quand le froid de la Mort vous saisit à vif.

Vous avez enterré un corps, mais pas le vôtre. Vous avez enterré un amour mais vous aimez encore un fantôme. Vous avez enterré un amour et la Mort reste en vous.
Aucun vivant ne peut remplacer un mort. Il prend une autre place, c'est tout.

Vous êtes seule... seule avec votre amour et cette mort dans le ventre. Vous vous barricadez... blindez le coeur et offrez le corps dans l'espoir si maigre de réchauffer le coeur. Vous vous mutilez. Vous vous faites mal pour oublier que vous avez mal.

La Mort sadique, revient, revient encore et encore, acharnée, vous enlever un autre être  de chair. A chacun de ses passages, elle vous fauche un peu plus de chaleur vous laissant un peu plus meurtrie... refroidie...  un peu plus morte...

mortellement

Ne plus nier la Mort. Ne plus refuser la vie. Je dois vivre avec elles.
Je veux mourir en Vie.

Posté par E Theria à 16:25 - M - Morts tellement - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

...

Un combat à mort pour trouver la force de survivre,
Une déclaration d’Amour à la vie …
J’adore tes mots, tes phrases et les sensations qu’elles procurent .
J’adore te lire

Merci

Bises .

Posté par Ada.am, 27 octobre 2007 à 10:55

Ada.am

Ma vie bat encore
elle bat plus fort
et mes mots meurent
c'est eux qui n'ont plus la force de se battre ce soir... des aurores boréales dans le ciel normand... le froid là-bas me glace

Je dois donner naissance à Sardanapale... il faudrait que je le fasse
ce soir... serait idéal... mais mon coeur m'emmène sur d'autres chemins.

"Rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!"

Il faut avancer, n'est-ce pas?
Je suis toujours sur ce chemin de bohème... mes poches crevées et mes pieds blessés...

T'embrasse Ada.am... je suis à la Grande Ourse )
Peut-être pas ce soir... mais mon rêve m'emmènera loin...

Posté par E Theria, 29 octobre 2007 à 21:23

Le froid d’ici

Ce froid me glace aussi .
Avec son arrivée les gens baissent la tête, deviennent tout gris … pâles et vides de sentiments.
Le froid sur leur visage fait naître une indifférence sournoise et hypocrite, une distance incompréhensible et malsaine, cultivée et recherchée …
Je ne connais pas tout ça … je ne m’y fais pas .
Le sourire du soleil, la chaleur de ses flammes me manque … j’ai grandi avec, ses rayons ont été mon quotidien, sa présence, nos sourires et la convivialité naturelle .
Tu sais sûrement de quoi je parle, toi qui parle le créole des Antilles …
Ce sourire j’ai l’impression de le perdre … surtout en cette période où il est reçu par une incompréhension fatale et générale … repousser par la froideur … se réfugier à l’intérieur, comme les gens … sortir le moins possible, (s’ ) ouvrir le moins possible …
Ce froid me gagne … me contamine … me mine …
Froid du temps ? Froid des gens ??
Froid de la mort ? l’Automne est peut être sa saison ??

Seul sourire, celui du cœur qui se réchauffe en ressentant le bonheur des mots de ta réponse .
J’espère que ton rêve a été aussi paisible et doux que tu le souhaitais .
J’espère que ce bonheur qui rend aussi légers tes mots a su te réchauffer malgré ce souffle glacial Normand …
J’espère de tout cœur que ce beau rêve saura durer très très longtemps .

Bises E Théria … et une bise qui vient du cœur à toutes tes sœurs .
Même à ta sœur AnnA … qui m’a dit un jour « Sourire Adam, même si triste mais sourire quand même ... » …
Si tu la vois, fais lui un gros bisou pour moi … car c’est avec elle que tout a commencé … et parfois, le souvenir des sourires ensoleillés de nos échanges, me permettent de sourire un petit peu plus longtemps .

Posté par Ada.am, 10 novembre 2007 à 10:48

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