22 octobre 2007
Le sang délié
Oannesia tombe et la
chute défile au ralenti sous mes yeux, tandis qu'un frisson me
parcourt la colonne. Elle est à terre... et rien... plus rien
autour ne bouge... le temps s'est arrêté dans son
effondrement... rien ne vient rompre le silence... un silence de mort
règne sur la clairière... pas même le cri d'un
oiseau de mauvaise augure.
Mon coeur se serre. Dans
mes yeux, ce n'est pas Oannesia, mais ma mère... le teint si
pale... c'est la vie qui se dérobe de ses veines.
Agir... vite. Le temps
presse. Euthéria et Thio la soulèvent et l'allongent à
quelques mètres, posant délicatement sa tête sur
une pierre recouverte de mousse. Je cours à la source, près
du chêne, l'eau de vie est claire et limpide comme les
explications que je n'ai jamais données. Je n'ai jamais voulu
me justifier.
Ma coupe pleine, je retourne près de ma soeur, l'asperge de quelques gouttes, puis humecte ses tempes... l'eau glisse sur la peau de sa nuque, fine et transparente. Elle ouvre les yeux me gratifiant d'un merci du regard qui me prend par surprise. J'ai lu le désespoir tant de fois dans ses yeux, son mutisme, ses reproches muets. Son silence me rendait brutale. Je n'acceptais pas qu'elle ne se défende pas. Ce regard qu'elle m'offre à cet instant, je ne lui connaissais pas... si beau... mais de ma bouche, ne sortira aucune parole de réconfort. Je ne sais pas être tendre.
Je porte le calice à ses lèvres et Oannesia boit avidement. Dérisoires paraissent les sentiments qui me lient à ma soeur. Dans l'urgence du moment, il n'y a que la force du sang qui parle. Le sang de Maman. J'ai tissé de mes mains le cordon ombilical me reliant à ma mère, du fil de fer barbelé, pour devenir le centre de la toile des liens qui se tissaient autour d'elle. Inconsciemment au départ, je pense avoir cousu le voile des illusions, pour complaire, pour me nourrir de son amour dont j'avais tant besoin.
Ce fil est brisé
aujourd'hui et ce sont mes soeurs qui me relient à elle. En
mourant, elle m'a offert la clé du trésor que je
n'avais jamais ouvert, le mien, celui de mon essence plus odorante
que la myrrhe, de mon être aussi vaporeux que l'encens, de mes
rivalités intérieures faites d'or et de ténèbres,
les joyaux d'une connaissance qu'elle m'avait offerte sans que je la
comprenne. Il m'avait fallu sa mort pour ouvrir les yeux, son deuil
pour comprendre. C'est dans les reliques qu'elle m'a laissées
que j'ai appris à exister.
Oannesia veut se relever.
Je la maintiens au sol et prend sa main dans la mienne dans un
sourire. Peut-être le premier... Sa main s'ouvre abandonnée...
ses doigts se déploient sans résistance.
Soudain, je la sens se
crisper. Elle retire sa main et pointe quelque chose dans les arbres.
Je ne vois rien que les feuilles. J'essaie de trouver des mots
apaisants pour la calmer.
Thio et Saéna déjà
se précipitent vers les buissons.
Commentaires
Imaginaire
L'imaginaire fonctionne à plein régime. Bonne continuation de ces beaux rêves éveillés qui font émerger toute la richesse les personnages de l'inconscient. Bises.
C'est tellement dense à relire au ralenti et puis conscient et inconscient...
Je ne sais plus...Lumine...C'est troublant
...
je passe
bonjour
Lumine est sens, celui du sang familial parcourant les veines toujours dans la même direction.
A Lumine qui luit du sang délié, l’ouie s’est éteinte au chant délié…
Tinte à nos yeux, l’atteinte de ses tourments jamais exprimés.
Lumine est fragilité, un oisillon frigorifié qui s’est évadé d’un nid vert trop rigoureux…
Ses cris au loup, étaient rebelle lion. Ses cris, muets des émotions contenues, difficiles ou impossibles à exprimer et donc, tout fait d’étouffants.
Mais il n’est pas trop tard. Rien de ce qui est temps perdu ne meure… Elle est la clef, la cale qui bloque toutes les portes. Elle est le pêne de toutes les peines qui se faisant jour d’un sentiment enfoui, fera exploser les carcers dans lesquels ses sœurs et son frère sont des vitraux vivants mais figés face aux sentiments…
Je la regarde et l’embrasse de loin, caché derrière les arbres de son rêve…Où elle tient une main…
PS :
Si j’en ai bu du nectar light des Dieux ?? ;o)
Un reste qui traînait au fond d’un chaudron avec des morceaux de pommes du jardin des Hespérides… Mais est ce bon pour le regard ? ;o)
la forme ainée
issu de la caverne
endormi, déchainé
des lies les apostrophes pourpres
éclate l'Univers de bas torts
à Gobi les extrêmes
quand vient de la forêt
la hure souveraine
fat sonne ta faim
rat s'assied tu dis gère
Lectrice
Ta fidèle lectrice viens te faire un baiser rêveur...
pensées
pensée en forme de tendresse
C’est palindrome qui prend la mer, c’est la reum qui prend l’air ! ♪
C'est moi ou bien tu es en train de donner à farniente ses lettres de mollesse ?
J'ai du mal à t'attacher au vide…
Lacer toi ?
Lassée toi ?
Je t'embrasse, te pends, te lie (mais plus te lis, snifff !) avec mes voeux coulants très attachants!
Là, c'est moi!!!
PS :
D’une année à l’autre, j’explique mes vœux coulants, tout s’écoule. C’est cool !!!
A l’horizon encore un peu instable qui fait surface en 2008, le bienveillant émerge, le bien vieil an sombre. (Encore un ‘an coulé’ celui là tiens !!! Rhôôôô j’ai honte :p )
Voilà Euthéria, voilà, et comme un Prince, je sors, caché sous ma cape d’invisibilité, non sans avoir offert là, là et là, de frêles esquisses de kisses qui kiffent. (à répéter 100 fois ! C’est bon pour l’addiction ! Moi je ne m’enlace pas !)
N’oublie pas, jamais : Aux grands mots les vents te mènent ! Ho-hisse la voile petit moussaillon ! (à prononcer le stylo et les plumes en l’air pour lever l’encre !)
Retour
Ne reviendras tu donc jamais, tu me manques. Ne pourrais tu donner des nouvelles...
