26 septembre 2007
Censure
Censure... sang sur... les mots
Des mots sans visage sont venus faire de l'ordre dans ma vie, juges sur une place publique devant un tribunal d'adeptes de la peine capitale. Le verdict est sans appel... censure... du sang sur l'émotion, du sang sur l'opinion, du sang sur la transparence, du sang sur la nudité, du sang... sur l'indécence... Ha! L'indécence des mots... criminelle... scandaleuse... outrageante indécence... censure!
Mes mots se sont cachés, barricadés... révoltés... le combat du silence... censure. Ils s'entassent à l'intérieur, se bousculent et se blessent... saignent encore. Captifs, les mots finissent par se suicider sur les parois des interdictions. Des mots sont morts, étranglés, bâillonnés, étouffés et jetés dans le flot des pensées qui inondent.
Mais les morts remontent toujours à la surface, et le sang sur les mots assassinés ne sèche pas... il continue de couler dans ma tête qui frappe, dans mon coeur qui palpite... le sang sur mes mots ruisselle le long de mes artères et s'échappe entre mes doigts...
Ô mes doigts... semeurs de troubles émotionnels et passions sensuelles... Ô mes doigts, semeurs de mots indécents... comme on plante des fleurs sur des tombes... comme on cultive les morts dans les cimetières...
"Mes mots meurent à l'instant où je les écris" disait-il...
Je n'avais pas compris. Pensée pour toi, l'ami...
29 avril 2007
Amour à Mort
Silence.
S'éteint le coeur. Il cesse de battre et vous laisse seule
avec la Mort qui soudain vous envahit le corps.
Froids.
Le corps aimé et le vôtre soudain envahi par la Mort qui
vous pénètre sans vous emmener.
Sanglots
qui vous haussent le corps de dégoût et
d'incompréhension. Vous avez mal. Vous avez mal. Tellement
Mal. Tout cet amour en vous que la Mort viole.
Vous
n'en crèverez pas... non...elle vous laissera dégoulinante
de sang et de douleur. Vous n'en parlerez pas. Essayant de cacher les
frissons qui vous parcourent le corps. En parler, c'est souffrir...
Vous tairez les souffrances mais chaque silence ne fera qu'entretenir
le mal. Vous voudrez lui échapper. Vous évader.
Partir... loin... quitter les morts en devenir... habituer ceux qui
vous aiment à votre départ sans retour mais les
cadavres sont toujours dans vos valises trop lourdes.
Vous
les posez. Vous les ouvrez.
Alors
vous pleurez, les histoires qui vous ont habités, les instants
de complicité, les caresses partagées, tout cet amour
suinte par les pores de la peau quand le froid de la Mort vous saisit
à vif.
Vous
avez enterré un corps, mais pas le vôtre. Vous avez
enterré un amour mais vous aimez encore un fantôme. Vous
avez enterré un amour et la Mort reste en vous.
Aucun
vivant ne peut remplacer un mort. Il prend une autre place, c'est
tout.
Vous
êtes seule... seule avec votre amour et cette mort dans le
ventre. Vous vous barricadez... blindez le coeur et offrez le corps
dans l'espoir si maigre de réchauffer le coeur. Vous vous
mutilez. Vous vous faites mal pour oublier que vous avez mal.
La Mort sadique, revient, revient encore et encore, acharnée, vous enlever un autre être de chair. A chacun de ses passages, elle vous fauche un peu plus de chaleur vous laissant un peu plus meurtrie... refroidie... un peu plus morte...
Ne
plus nier la Mort. Ne plus refuser la vie. Je dois vivre avec elles.
Je
veux mourir en Vie.
27 avril 2007
Déchire-moi
Les mots ont dissous des
points en suspension qui se dispersaient dans un breuvage amer.
Mélancolie... le
poète s'en abreuve, tel une bête de somme... mélange
collant qui se boit jusqu'à la lie... la boue du coeur qui
gangrène le vin d'une coupe de vie
J'ai souhaité faire mes adieux à mes morts, un par un, éliminer mes renoncements et les fantômes de mes oubliettes, des mots et cris en cachette, pétales de chrysanthèmes, pétard sur le tempe de thèmes en crise. L'arme entre les mains. Larmes glissant sur la peau.
Des mots, des pages de
mots qui ne se partagent pas. Des mots qui déchirent des pages
de vies tournées. Déchirures ne s'effacent à
coup de stylo. Ecriture retrace le poids des maux.
Les mots tuent la mort
pour mourir à leur tour... dans la tour des amours...
désamour.
Les mots suspendus au
coeur, pendus aux lèvres n'arrivant pas à respirer.
Mots étouffés, manquants d'air et qui m'étranglent
Écorcher ces mots
à vif, ces mots qui saignent dans mes veines.
Rouge... le sang coulant
des vieilles cicatrices, toutes croûtes arrachées
Renaitre ou disparaître
Brise. Ouvre. Crève.
Pénètre.
Déchire moi





